Alcool & Alcoolisme

L'alcoolisme est un fléau mais pas une fatalité. Aidons ceux qui souffrent à trouver une solution.

20 août 2009

Le remède contre l'alcoolisme est si simple.

Je sais que cette phrase est provocatrice et pourtant...

Beaucoup de gens cherchent un traitement ou un médicament miracle pour lutter contre leur alcoolisme ou celui d'un proche. D'autres se tourneront vers l'acuponcture, l'homéopathie, la sophrologie ou autres trucs du genre.
Mais finalement la solution est d'une facilité enfantine pour que le malade alcoolique aille mieux: une fois le sevrage physique effectué sous contrôle médical, ce qui ne dure pas plus de 2 semaines en moyenne, il suffit simplement de ne pas boire une seule goutte d'alcool.

L'alcool n'est pas un aliment vital dans la vie d'un Homme, bien au contraire. Je pense ne pas me tromper en disant qu'une personne peut passer toute sa vie sans boire une seule goutte d'alcool, ce n'est pas essentiel.

Bref, je suis bien placé pour savoir que oui la solution est simple mais combien difficile à appliquer.

Il ne faut pas chercher le remède miracle mais juste sa solution adaptée pour vivre sans cette envie d'alcool. Apprendre à se connaître, apprendre à éviter les pièges de la société et surtout ne pas vouloir être plus malin que les millions de personnes qui sont passés par là et se dire: "moi c'est pas pareil, je peux gérer".
Il faut accepter sa maladie, ne pas vouloir aller trop vite et surtout ne pas vouloir regarder trop loin. Je n'était plus capable de passer plus de 12 heures sans boire, je ne m'imaginais certainement pas vivre sans alcool et pourtant aujourd'hui ça fait 2771 jours que je n'ai pas bu une seule goutte d'alcool.

Chaque jour, je me prescris ma propre ordonnance: ne pas boire une seule goutte d'alcool, c'est le seul et unique traitement possible face à l'alcoolisme.

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26 juin 2009

La rechute.

La rechute est ce qu'il peut arriver de pire à un alcoolique abstinent.
C'est pour cela que je ne supporte pas d'entendre que "cela fait partie du rétablissement" ou que "cela fait grandir".
Bien sur, il ne faut pas lapider le rechutant mais il ne faut pas non plus banaliser cette rechute.

D'abord qu'est-ce qu'une rechute ?

La personne qui s'alcoolise en sortant d'une cure n'est pas en rechute puisqu'elle a été enfermée et surveillée pendant 5 semaines. Pour moi, elle n'a pas arrêté.

Celui qui reprend de l'alcool après quelques jours, quelques semaines ou même quelque mois alors que chaque journée ou chaque heure qui passait il pensait à l'alcool, il n'avait que ça en tête, il n'est pas en rechute. Il a"tenu" le plus qu'il pouvait et il a rebu car il n'en pouvait plus. Il connaît maintenant sa limite sans alcool.
Vers la fin de mon alcoolisation, je "rechutais" de cette façon toutes les 12 heures car je ne pouvais plus passer plus de 12 heures sans boire.

Pour moi, le rechutant est celui qui a retrouvé une vie normale sans alcool. Quelqu'un qui à réussi à vivre un certain laps de temps sans boire malgré les aléas de la vie, en étant heureux d'être séparé de ce poison et pour une raison, souvent précise, retombe dans l'engrenage.

Les raisons sont aussi multiples que le nombre de rechutant.
Cela peut être une dure épreuve de la vie (deuil, séparation...), une dépression, un ras le bol, l'arrêt d'un traitement, etc...
Mais j'ai souvent constaté que nombreux rechutant son ceux qui ont oublié qu'ils étaient alcoolique. Au bout de quelques années d'abstinence on peut se dire que l'on peut boire "comme tout le monde". Et là, paf, c'est la dégringolade et malgré les nombreuses expériences des autres, on veut essayer par soi-même avec toujours la même conséquence.

Certains ne se relèvent jamais d'une rechute ou sont psychologiquement très affecté, d'autres en meurent.

Franchement, je ne sais pas comment je pourrais réagir. Je dis souvent que je n'aurais pas le courage de repartir de zéro et j'espère sincèrement ne jamais pouvoir répondre à cette interrogation...

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04 décembre 2008

Témoignage...

Quand mes parents se sont rencontrés, ma mère ne se doutait de rien. Ils ne vivaient pas encore ensemble, et puis quand bien même, ils étaient jeunes, rien d'inquiétant à boire un coup et faire la fête. Elle est assez rapidement tombée enceinte, ils se sont mariés, et elle a enfin pu prendre conscience de l'ampleur des dégâts.

Il mentait sur ses horaires de travail pour pouvoir passer au bistrot, buvait l'argent des factures, rentrait à des heures impossibles, oubliait de venir me chercher à l'école... Prétendait même aller travailler alors qu'il était en congé, tout ça pour passer la journée au café. Il avait des accès de violence impressionnant quand on essayait de le mettre au pied du mur, tapant dans les murs, cassant les meubles (c'était pas un faiblichon ). Bref, le cauchemar.

Ma mère a tout essayé pour le sortir de l'alcoolisme. Les menaces, le chantage, la douceur, les larmes. A bout de nerfs, elle a craqué et fait une tentative de suicide, espérant provoquer le choc qui le ferait réagir.

Elle a avalé plusieurs boîtes de médicaments sous les yeux de mon père. Il n'a pas bougé. Il n'a pas remué le petit doigt, il n'a pas appelé les secours, rien. Il a continué de regarder la télé. Ma mère a dû appeler elle-même l'ambulance. Le lendemain, il pleurnichait sur son lit d'hôpital, montrant ma photo au voisin de chambre en lui disant "vous vous rendez compte, faire ça alors qu'on a une si belle petite fille!".

C'est donc elle qui l'a eu, l'électrochoc! Elle a compris que ça ne servait à rien de lutter, et que malgré toute l'énergie qu'elle mettrait dans ce combat, elle en sortirait perdante. Elle a fait ses valises, et l'a quitté sans se retourner.

Elle ne m'a jamais caché le problème de mon père, mais m'a toujours laissé suffisamment d'espace pour que je me fasse ma propre opinion. Je n'avais que cinq ans quand elle est partie, j'adorais mon père. Et pour cause, c'était un homme fort, intelligent, bourré d'humour, plutôt bel homme en plus! Dans les premiers temps, ça a dû être très difficile pour elle: je n'arrêtais pas de lui demander quand on rentrerait à la maison, quand papa reviendrait vivre avec nous... Elle a accepté sans broncher les droits de visite. Quel courage, quand j'y repense, de laisser sa fille partir chez son père alcoolique, avec tous les risques que ça comportait!

J'ai donc commencé à vivre un quotidien banal de fille de divorcés, un week-end sur deux et la moitié des vacances chez mon père. Au départ, il était retourné vivre chez mon grand-père, et prenait vraiment soin de moi. Je n'ai pas de souvenirs de débordements... La situation a commencé à tourner au vinaigre quand j'ai eu 11 ans. Il a fait un très grave accident de voiture, qui l'a laissé aux soins intensifs plusieurs semaines, puis hospitalisé pendant neuf mois, avec une rééducation très lourde. Evidemment, il avait bu, et je remercie le ciel qu'il n'ait pas tué un des copains de beuverie qu'il conduisait.

Je ne compte plus les humiliations (avez-vous déjà vu votre père s'endormir sur le banc de la gare d'une autre ville, en plein après-midi, et se pisser dessus sous le regard rempli de pitié des passants?), les nuits presque blanche à l'écouter boire seul en regardant la télé, les soirées à s'endormir dans des cafés... Ces fameuses soirées qui commencent si bien et tournent mal.

A 14 ans, quand je me suis rendu compte que je me suis crispait à chaque coup de fil de crainte que ce soit l'annonce d'un autre accident (le dernier?), ou d'un énième coup de fil alors qu'il est bourré et va larmoyer pendant des heures qu'il m'aime, j'ai décidé de couper les ponts. J'ai affronté l'épreuve du tribunal pour enfants (joyeux, de témoigner contre son père... mais je ne pouvais avoir de vie qu'à ce prix!). Puisqu'il refusait d'admettre sa maladie, qu'il refusait de se prendre en main et qu'il menaçait de m'entraîner dans sa chute, je suis partie.

Il me passait de temps en temps des coups de fils épars, pour mon anniversaire. Il appelait encore bourré, mais moins souvent. Il a dû se lasser.

J'ai accepté de le revoir pour mes seize ans. Nous avons passé la journée ensemble, été au cinéma, rien d'extraordinaire mais une bonne journée. Il n'a jamais donné suite. De mon côté, je ne faisais pas le premier pas, mais je laissais la porte ouverte: le jour où il ouvrirait les yeux, je serais là.

Il n'a jamais ouvert les yeux. Je lui ai tout balancé un soir où il m'appelait encore en faisant semblant de rien (incroyable, cette capacité à faire comme si tout était normal, pas vrai?), et sa réaction m'a abattue. Pour lui, j'étais partie parce qu'il refusait que je sorte en soirée (moi, en soirée?? mais je ne connaissais personne, de son côté! et j'avais 14 ans!). Il a nié son alcoolisme (j'exagérais, selon lui).

Bref il avait perdu sa femme, sa fille, son autonomie (plus de permis, plus de voiture), s'était criblé de dettes inimaginables, mais il n'avait aucun problème. Tout allait bien.

Mon père est mort à 43 ans. Tout seul. Je suis aujourd'hui réconciliée avec son souvenir: nous nous sommes mal aimés, nous ne nous sommes jamais compris, j'ai cru qu'il me préférait ses bières et lui pensait que je préférais me débarrasser de ce père trop loin et donc trop encombrant... Mais nous nous sommes aimés quand même.

Je n'en ai jamais voulu à ma mère d'être partie, JAMAIS! Je lui en ai parfois voulu de ne pas avoir fait preuve de plus de discernement (facile à dire... quand on est amoureuse, on veut y croire), mais jamais je ne lui ai reproché sa décision. Au contraire, je l'admire énormément d'avoir eu le courage d'admettre la situation et de partir. Pourtant mon père était mon héros...

Bref, je vous en prie, ne vous servez pas de vos enfants pour rester. Ne dites pas qu'ils seront détruits par l'absence de leur père (ou de leur mère d'ailleurs, ce n'est pas réservé aux hommes). Vous leur ferez bien plus de mal en les condamnant à vivre dans une maison pleine de stress, d'angoisse et de lassitude.

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02 novembre 2008

Les fêtes approchent.

La période des fêtes est difficile pour les alcooliques. Surtout pour ceux qui veulent rester abstinent, pour les autres c'est au contraire un bon prétexte pour boire encore plus sans se sentir différent.

Je pense que c'est surtout difficile à cause du matraquage médiatique et de la société de consommation. De partout on est harcelé pour consommer et les incitations à boire sont nombreuses. C'est d'autant plus usant que cette période commence chaque année de plus en plus tôt car c'est bien connu, pour être le meilleur sur le marché, il faut être parmi les premiers...

Mais bon, tout au long de l'année on peut trouver l'occasion de faire une fête: il y aura Pâques, les anniversaires, les foire aux vins, la saint Lucien ou saint Glinglin.

Il faut bien se mettre en tête que ce n'est pas une obligation de boire pendant cette période.
Apprendre à dire non n'est pas chose facile mais c'est possible.
Ensuite, évitez les personnes qui vous pousseront à boire même si c'est de la famille.
Sélectionnez les boissons non alcoolisées que vous préférez et pourquoi ne pas s'amuser à inventer un cocktail sans alcool. Même si on ne boit pas d'alcool, on a le droit à un apéro sympa et non pas un vieux jus de fruit frelaté dans un verre en plastique. Faites-vous plaisir et le plaisir n'est pas forcément synonyme d'alcool.
Ne vous cachez pas, annoncez la couleur à vos convives. Sans forcément vous justifier dites que vous voulez faire une soirée sans alcool. Si les personnes vous apprécient, elles ne vous jugeront pas. Si ce n'est le cas, que faites-vous là??

Bref, préparez-vous, mais souvenez vous qu'aucune situation ni aucune personne ne vaut la peine de prendre un verre.

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29 septembre 2008

Ne restez pas seul...

L'alcool isole du monde et des autres mais pour s'en sortir, mieux vaut ne pas rester seul.

Après le sevrage physique, la dépendance psychologique reste et c'est la plus difficile à maîtriser. Vous pouvez bien évidemment faire une thérapie avec un psychanalyste ou un psychologue pour essayer de résoudre un problème de fond qui vous a poussé à boire, mais pour ne pas retomber dans les travers de l'alcool, adressez-vous à des personnes qui connaissent le problème.

Comme je le dis souvent, il n'y qu'un alcoolique qui peut comprendre un autre alcoolique. Il ne vous jugera pas car il est passé par là et connaît le problème.

Pour ma part, j'ai fréquenté les alcooliques anonymes pour apprendre à vivre sans alcool. Ils m'ont donné de bonnes astuces afin d'éviter toutes les embûches que la société met sur notre chemin.

N'hésitez pas à fréquenter un mouvement d'anciens buveurs, en voici les principaux:

Les Alcooliques Anonymes:
www.alcooliques-anonymes.fr/
0820 32 68 83

Vie Libre:
www.vielibre.org/
01 47 39 40 80

Croix Bleue:
www.croixbleue.fr/
01 42 28 37 37

Alcool Assistance:
www.alcoolassistance.net/


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08 septembre 2008

La bouteille n'est pas partageuse...

Encore un constat difficile à accepter: la bouteille veut l'alcoolique pour elle toute seule.
Lorsqu'elle prend l'emprise d'une vie, elle veut être la priorité numéro 1.
Et il est triste de constater que ni un enfant, ni une mère, ni un mari attentionné ne peut remplacer son autorité. Et le pire encore c'est qu'elle est responsable de nombreuses discordes, de nombreuses larmes et de nombreuses séparations, pour une seule raison: elle n'est pas partageuse...

La bouteille isole également l'alcoolo-dépendant pour mieux le dominer.
L'alcool est souvent synonyme de convivialité. D'ailleurs, beaucoup d'alcooliques se cachent derrière cette excuse pour ne pas arrêter totalement de boire. Et oui, comment ne pas boire en soirée ou lors de rencontres entres amis??
Et pourtant, l'alcool rend bien seul, même lors de ce type d'événements.
Malgré des centaines de personnes, lorsque l'alcool a fait son oeuvre, une personne ayant bien consommé se retrouve dans son propre "trip". Chaque situation, chaque parole, chaque geste est interprété différemment selon la personne. L'alcool isole, non seulement physiquement, mais également intellectuellement.

Lorsque j'étais défoncé dans les bars, j'ai souvent refait le monde au comptoir avec d'autres gars que souvent je ne connaissais pas. Mais j'étais seul dans mes délires. L'alcool me fracassait la tête à sa façon et au fur et à mesure des verres, je ne me souciais plus du tout de l'environnement. J'étais dans mon propre monde qui tournait à une vitesse folle lorsque je fermais les yeux. Et je me laissais entraîner en commandant un énième verre. Oui, j'embarquais dans ma bouteille, seul, car il n'y a qu'une seule place...

Alors, c'est pour cela qu'il y a un choix à faire. Mais attention, il faut savoir que si vous choisissez la bouteille, non seulement, elle n'acceptera personne d'autre dans votre vie mais en plus, vous n'aurez pas votre mot à dire car elle est plus forte que vous.

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17 août 2008

Une décision difficile à prendre.

Pour un alcoolique, prendre conscience de son problème d'alcool est déjà quelque chose d'énorme. Mais décider d'arrêter de boire, ça peut faire peur.

Certains n'ont connu que l'alcool dans leur vie, ce fut mon cas. Enlevez la bouteille et vous enlevez leur raison de vivre. Pas évident.
D'autres prennent l'alcool comme une fuite. Avec tous les problèmes quotidiens, quel réconfort de se réfugier dans un autre monde que l'on se fabrique soi-même et où les soucis s'envolent pour ne revenir qu'après la gueule de bois.
Et que dire de l'alcool convivial... C'est dingue, y'a toujours quelqu'un pour venir partager un verre avec soi et il y a toujours une occasion à "fêter".

Bref, il faut vraiment être au bout du rouleau pour réellement prendre la bonne décision.

Lorsque je dis à une personne qui se rend compte de sa dépendance: "Il n'y a pas d'autre choix, si tu veux t'en sortir il ne faut plus boire une seule goutte d'alcool". Souvent la première réponse est: "C'est pas possible, comment faire à Noël ou quand les potes vont venir boire un coup à la maison..." L'idée d'abandonner totalement la bouteille fait peur.

Si je conseille de faire un sevrage suivi du médical. Les réticences sont grandes car c'est difficile d'en parler même à un médecin. Et pourtant, c'est très important car le sevrage peut être très dangereux. Je suis moi-même un miraculé du sevrage car le delirium est souvent fatal lorsqu'il intervient sans assistance médicale. Je remercie une nouvelle fois Dieu d'avoir gardé un oeil sur moi.

Bref, c'est une décision difficile à prendre mais quel est le prix de votre vie?
Celui d'un verre de trop entre amis qui vous oublieront vite si vous ne buvez plus, celui d'un orgueil mal placé car on ne veut pas en parler malgré le risque de mourir ou celui d'une fuite de la réalité qui est pourtant toujours présente?

Alors, si vous souffrez, si vous en avez réellement marre, si vous voulez vraiment vivre, prenez la bonne décision, celle d'arrêter de vous empoisonner. Et ne vous occuper pas de ce que pensent les autres, si ils vous aiment, ils vous soutiendront, sinon, et bien laissez-les penser ce qu'ils veulent.

Pensez à vous et prenez cette bonne décision!

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15 août 2008

Merci pour ce témoignage émouvant

Non papa, ne me gronde pas, je sais que tu n’es pas dans ton état normal, mais stp, laisse moi me calmer, la crise va passer.
Papa pourquoi tu t’endors dans le canapé après les repas avec les amis. Papa je ne comprends pas.
Papa, je ne comprends vraiment pas ce que tu as.
Papa, pourquoi tu n’es pas près de moi quand j’ai besoin, pourquoi tu préfères être au bistro ?
Je grandis papa, je me rends compte de ce que tu fais, de ce que tu es.
Je suis impuissante, maman, ton autre fille, et moi, on ne peut rien faire, on est là, on te regarde te détruire, mais on ne peut rien faire.
Tu refuses le dialogue papa. Tu refuses de voir la vérité en face.
Tu nous rends malheureuses toutes les 3.
Mais on sait que toi aussi tu es malheureux.
Papa, on t’as vu, on t’as vu boire à la bouteille. Tu bois tout seul maintenant ?
Que se passe-t-il, on est là, tu ne nous entends pas.
Non papa, ne nous menace pas de te foutre en l’air, ça fait trop mal.
Tu as vu le médecin ? Il t’a dit que tu étais malade.
Vittel Citron… C’est bien ! Mais pas au bistro papa. Tu ne pourras pas résister à la tentation. Tu regardes les autres boire de l’alcool, et toi avec ton Vittel Citron, ils se moquent bien de toi. Tu ne supportes pas qu’on se moque de toi… Tes « amis » se moquent.
Papa, on n’a plus d’argent. Mais tu rebois. Mais tu sais que tu es malade.
Tu as du valium. Tu ne le prends pas. C’est dangereux ce médicament, et comme je suis mal, c’est moi qui vais le prendre. 
Août 2003, hémorragie interne. Papa ? Tu m’entends…
Les médecins disent que c’est la dernière fois que je te vois. 
Non papa, je ne veux pas.
Te voilà sorti d’affaire mais surtout ne rebois pas.
Malheureusement c’est trop tard. Tu es bien trop malade. Tu souffres. Je le vois.
Tu ne supportes plus rien, les aliments ne passent pas. Tu as même arrêté de fumer. 
Je sais que je vais te perdre papa.
Papa ? Tu as un cancer. Tu as toujours été dans le déni. Et malheureusement on n’a rien pu faire pour toi.
Papa, j’ai rencontré l’homme de ma vie… Je dois partir à l’autre bout de la France. Je te laisse… Je t’abandonne…Tu es en phase terminale. 
24 Septembre 2004 – 57 ans. Tu es parti. L’alcool t’a emporté, mais je ne t’en veux pas. Jamais je ne t’en voudrais. Tu étais malade. Tu as toujours été dans le déni. Personne ne pouvait t’aider à t’en sortir, tu étais le seul maître. J’ai des regrets, j’ai été impuissante.
Je t’aime papa

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06 août 2008

L'entourage n'y peut rien...

L'alcool détruit souvent tout sur son passage. Non seulement le malade lui-même mais son entourage trinque également. Mais la dure réalité c'est que seul l'alcoolique peut décider de se faire soigner. Ni la famille, ni le patron, ni la justice ne pourront faire quoi que ce soit.
Si la décision ne vient pas du malade lui-même c'est généralement peine perdu. Il faut arrêter pour soi en premier et non pas pour les autres.

C'est très difficile de dire à une épouse ou une mère en détresse qu'elle ne peut rien pour son mari ou son enfant qui se détruit avec l'alcool. C'est cruel d'entendre un enfant pleurer parce que sa mère boit chaque jour et se transforme en quelqu'un d'autre.
Mais l'entourage n'y peut rien, c'est un pénible constat.

On peut discuter calmement avec le malade, lorsqu'il est à jeun. Sans le brusquer ni le juger surtout. Montrez lui votre amour dans ses moments de lucidité. Et lorsqu'il est sous l'emprise du poison, soyez ferme. Ne succomber pas à tous ses caprices et montrez lui votre tristesse.

Par contre, dès que l'alcoolique décide sincèrement d'arrêter de boire, il est important de l'encourager, et de l'aider dans sa démarche:
- Consulter un alcoologue qui le soulagera et analysera son problème physique lors du sevrage.
- Fréquenter un mouvement d'anciens buveurs tel que les Alcooliques Anonymes pour la dépendance psychologique et apprendre à éviter tous les pièges de la vie courante.

Jamais personne en m'a forcé à boire et jamais personne ne m'aurait forcé à arrêter de boire. Cette décision est personnelle mais autant la prendre avant qu'il n'y ait trop de dégâts...

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17 juillet 2008

L'acceptation.

L'acceptation est une étape très difficile pour un malade alcoolique.

Accepter que l'on est alcoolique.
L'alcoolique ce n'est pas que le pauvre gars, chômeur, SDF, sur son banc avec son litron de rouge. L'alcoolique peut être aisé, avoir une vie familiale, sociale. Bref, c'est monsieur tout le monde.

Accepter que l'on ne peut plus boire une seule goutte d'alcool.
C'est ce qui a été le plus difficile pour moi. Moi qui aimait le goût de l'alcool et savourer sans modération toutes sortes de breuvages alcoolisés, ne plus jamais y toucher fut une résolution assez pénible . Mais sachant où cela me menait, j'ai dû me résigner non sans un goût amer dans la bouche...

Accepter le regard des autres.
Alors, aussi bizarre que cela puisse paraître, le fait d'arrêter de boire peut déranger certaines personnes notamment des proches. On peut vous regarder avec dégoût lorsque vous avaler des quantités phénoménales d'alcool, mais une fois que vous ne buvez plus une seule goutte on vous regarde également comme un extra-terrestre. Décidément, ils sont fous ces non-alcoolo :o)

Accepter d'être alcoolique à vie.
Bon, un jour à la fois, on ne va pas se prendre la tête avec ça!

Allez, maintenant, dites-moi, ce que vous n'arrivez pas à accepter...

Posté par alcoolhic à 21:25 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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