Alcool & Alcoolisme

L'alcoolisme est un fléau mais pas une fatalité. Aidons ceux qui souffrent à trouver une solution.

25 juin 2008

Les envies d'alcool.

On me demande souvent si j'ai encore des envies de boissons alcoolisées.
J'aurais tendance à répondre: "Bien évidement oui!"
J'ai passé une grande partie de ma vie à boire, j'aimais le goût de l'alcool et toutes les sortes d'alcool. Le problème c'est que je n'arrivais pas à m'arrêter et qu'il m'en fallait tous les jours.
Alors, il est évident que je ne peux pas du jour au lendemain occulter l'alcool.

En début d'abstinence, on m'a dit qu'il y avait danger de rechute lorsque l'on avait des envies de boire. Cela m'a un peu perturbé car depuis que j'ai arrêté l'alcool, j'ai toujours eu des envies de boire et encore aujourd'hui.
Mais maintenant, je ne culpabilise plus.
Une personne allergique à l'arachide doit-elle s'inquiéter d'avoir des envies de cacahuètes?
Le diabétique doit-il paniquer si il a envie d'un énorme gâteau à la crème?
Non, je ne pense pas. Je sais que je ne peux plus boire d'alcool car je connais le risque que j'encoure, point.

Bien sur que j'aimerais boire juste UNE SEULE bière bien fraîche de temps à autre. Ou prendre juste UN VERRE de vin le dimanche avec du fromage. Mais c'est impossible. Je suis conditionné pour avaler de l'alcool en grande quantité et régulièrement: un verre c'est trop, 10 c'est pas assez!!

Alors, en ce qui concerne les envies, je pense qu'il ne faut pas paniquer mais apprendre à les gérer. Savoir si ce sont ce que j'appelle des "envies furtives" ou si ces envies sont déclenchées par un événement particulier. Si c'est le cas, il faut éviter cet événement ou cette situation car il ne fait pas bon de trop flirter avec la bouteille.

Et il faut aussi dissocier les envies de l'obsession, mais ça j'y reviendrais plus tard...

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13 juin 2008

Nous, les alcooliques...

Dans notre société, l'alcoolisme reste une maladie honteuse, quand elle n'est pas considéré comme un vice ou une tare. Cela fait aussi partie de la difficulté à reconnaître que l'on a un problème avec l'alcool.
Ceux qui sont dépendants au tabac sont souvent félicités et encouragés lorsqu'ils veulent arrêter. Il existe des patchs, des traitements, des méthodes d'acupuncture, etc. aux yeux de tous.
Par contre, dire que l'on veut essayer de limiter sa consommation de boissons alcoolisées engendre des réactions plus négatives. Soit un sourire moqueur d'incrédulité, soit des yeux qui se baissent, gênés d'une telle déclaration.

J'ai vécu les deux situations et, en tant qu'alcoolique, il faut avouer que ce type de réaction n'est pas très encourageant. Là encore, seul un alcoolique qui se déclare comme tel peut comprendre la démarche d'un autre alcoolo-dépendant.

Selon mon expérience et mes observations, lorsque l'on a enfin admis que l'alcool avait une grande emprise sur sa propre vie, un énorme pas est fait.
Ensuite, si on a l'envie sincère d'arrêter de boire, on peut trouver des solutions à son problème. Car même si ce n'est pas facile, il existe très peu de cas désespérés. Ces cas là se trouvent malheureusement souvent en asile psychiatrique ou au cimetière...

Bref, le regard des autres peut mettre mal à l'aise mais qu'est-ce qui importe le plus? Ce que pense le voisin, le collègue, le copain ou son propre bien-être ?

Posté par alcoolhic à 16:31 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 juin 2008

La frontière de l'alcoolisme.

Certaines personnes se posent des questions sur leur position face à l'alcool. On peut également se demander comment on passe la barrière alcool-plaisir vers l'alcool-dépendance ?
Je ne pense pas que ce soit une barrière franche mais plutôt une succession d'étapes. Ces étapes étant gérées par les différents événements de la vie. Par contre, une chose est sure, l'engrenage peut atteindre tout le monde sans crier gare. Mais ce sera plus ou moins rapide selon la prédisposition des personnes.

Pour en savoir où on en est avec l'alcool, il existe un test assez connu qui consiste à essayer de ne pas boire pendant une semaine:
Si la personne n'éprouve aucune différence avec la normale, alors pas de problème apparent.
Si la personne "résiste" mais a des envies, alors prudence
Si la personne ne résiste pas, il est conseillé de consulter un spécialiste.

Je mettrais un bémol à cette méthode.
D'une part, il existe l'alcoolisme cyclique où le malade alcoolique est capable de ne pas boire pendant un mois pour ensuite ne pas désaouler pendant 15 jours et d'autre part, en parallèle, on peut avoir une dépendance aux habitudes. Quelquefois, les gens prennent un apéritif ou un verre de vin, non pas par manque d'alcool mais par habitude et cette habitude peut être difficile à enlever. Ce n'est pas l'appel de l'alcool mais un rituel difficilement contrôlable.

Une méthode qui paraît plus fiable pour savoir si on a un problème avec l'alcool reste pour moi un test tiré d'une brochure des Alcooliques Anonymes: "A.A est-il pour vous?":

1) Avez-vous parfois essayé de cesser de boire durant une semaine (ou plus) pour constater que vous n'y parveniez pas ?

2) Acceptez-vous difficilement les conseils d'autres personnes qui essaient de vous faire cesser de boire ?

3) Avez-vous déjà changé de sorte de boisson dans l'espoir d'éviter de vous enivrer ?

4) Depuis un an, vous est-il arrivé de boire tôt dans la matinée ?

5) Enviez-vous les gens qui peuvent boire sans s'attirer d'embêtements ?

6) Avez-vous eu des problèmes reliés à l'alcool au cours de la dernière année ?

7) Votre façon de boire a-t-elle causé des problèmes à la maison ?

8) Vous arrive-t-il, lors d'une soirée, d'essayer d'obtenir des consommations supplémentaires parce qu'on ne vous en donne pas suffisamment ?

9) Vous dites-vous que vous pouvez cesser de boire n'importe quand, même si vous continuez à vous enivrer malgré vous ?

10) Avez-vous manqué des journées de travail ou d'école à cause de l'alcool ?

11) Avez-vous des trous de mémoire ?

12) Avez-vous déjà eu l'impression que la vie serait plus belle si vous ne buviez pas ?

Avez-vous répondu OUI quatre fois ou plus?
Si c'est le cas il y a des chances que vous ayez de sérieuses difficultés avec l'alcool ou que vous soyez en passe d'en avoir dans un avenir plus ou moins proche.
Vous êtes le seul a pouvoir dire de manière certaine si A A est pour vous

Je pense que ces questions sont plus appropriées pour savoir si on est déjà dépendant.
Il y a quelques temps de cela, j'aurais eu 12 sur 12...
Triste constatation, mais la bouteille était devenue ma femme, ma maîtresse, ma confidente , ma consolatrice, et ma vie. Rien d'autre ne m'intéressait, jamais je n'aurais cru être capable de vivre sans elle, et pourtant...

Posté par alcoolhic à 21:28 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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