Alcool & Alcoolisme

L'alcoolisme est un fléau mais pas une fatalité. Aidons ceux qui souffrent à trouver une solution.

17 août 2008

Une décision difficile à prendre.

Pour un alcoolique, prendre conscience de son problème d'alcool est déjà quelque chose d'énorme. Mais décider d'arrêter de boire, ça peut faire peur.

Certains n'ont connu que l'alcool dans leur vie, ce fut mon cas. Enlevez la bouteille et vous enlevez leur raison de vivre. Pas évident.
D'autres prennent l'alcool comme une fuite. Avec tous les problèmes quotidiens, quel réconfort de se réfugier dans un autre monde que l'on se fabrique soi-même et où les soucis s'envolent pour ne revenir qu'après la gueule de bois.
Et que dire de l'alcool convivial... C'est dingue, y'a toujours quelqu'un pour venir partager un verre avec soi et il y a toujours une occasion à "fêter".

Bref, il faut vraiment être au bout du rouleau pour réellement prendre la bonne décision.

Lorsque je dis à une personne qui se rend compte de sa dépendance: "Il n'y a pas d'autre choix, si tu veux t'en sortir il ne faut plus boire une seule goutte d'alcool". Souvent la première réponse est: "C'est pas possible, comment faire à Noël ou quand les potes vont venir boire un coup à la maison..." L'idée d'abandonner totalement la bouteille fait peur.

Si je conseille de faire un sevrage suivi du médical. Les réticences sont grandes car c'est difficile d'en parler même à un médecin. Et pourtant, c'est très important car le sevrage peut être très dangereux. Je suis moi-même un miraculé du sevrage car le delirium est souvent fatal lorsqu'il intervient sans assistance médicale. Je remercie une nouvelle fois Dieu d'avoir gardé un oeil sur moi.

Bref, c'est une décision difficile à prendre mais quel est le prix de votre vie?
Celui d'un verre de trop entre amis qui vous oublieront vite si vous ne buvez plus, celui d'un orgueil mal placé car on ne veut pas en parler malgré le risque de mourir ou celui d'une fuite de la réalité qui est pourtant toujours présente?

Alors, si vous souffrez, si vous en avez réellement marre, si vous voulez vraiment vivre, prenez la bonne décision, celle d'arrêter de vous empoisonner. Et ne vous occuper pas de ce que pensent les autres, si ils vous aiment, ils vous soutiendront, sinon, et bien laissez-les penser ce qu'ils veulent.

Pensez à vous et prenez cette bonne décision!

Posté par alcoolhic à 18:48 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


15 août 2008

Merci pour ce témoignage émouvant

Non papa, ne me gronde pas, je sais que tu n’es pas dans ton état normal, mais stp, laisse moi me calmer, la crise va passer.
Papa pourquoi tu t’endors dans le canapé après les repas avec les amis. Papa je ne comprends pas.
Papa, je ne comprends vraiment pas ce que tu as.
Papa, pourquoi tu n’es pas près de moi quand j’ai besoin, pourquoi tu préfères être au bistro ?
Je grandis papa, je me rends compte de ce que tu fais, de ce que tu es.
Je suis impuissante, maman, ton autre fille, et moi, on ne peut rien faire, on est là, on te regarde te détruire, mais on ne peut rien faire.
Tu refuses le dialogue papa. Tu refuses de voir la vérité en face.
Tu nous rends malheureuses toutes les 3.
Mais on sait que toi aussi tu es malheureux.
Papa, on t’as vu, on t’as vu boire à la bouteille. Tu bois tout seul maintenant ?
Que se passe-t-il, on est là, tu ne nous entends pas.
Non papa, ne nous menace pas de te foutre en l’air, ça fait trop mal.
Tu as vu le médecin ? Il t’a dit que tu étais malade.
Vittel Citron… C’est bien ! Mais pas au bistro papa. Tu ne pourras pas résister à la tentation. Tu regardes les autres boire de l’alcool, et toi avec ton Vittel Citron, ils se moquent bien de toi. Tu ne supportes pas qu’on se moque de toi… Tes « amis » se moquent.
Papa, on n’a plus d’argent. Mais tu rebois. Mais tu sais que tu es malade.
Tu as du valium. Tu ne le prends pas. C’est dangereux ce médicament, et comme je suis mal, c’est moi qui vais le prendre. 
Août 2003, hémorragie interne. Papa ? Tu m’entends…
Les médecins disent que c’est la dernière fois que je te vois. 
Non papa, je ne veux pas.
Te voilà sorti d’affaire mais surtout ne rebois pas.
Malheureusement c’est trop tard. Tu es bien trop malade. Tu souffres. Je le vois.
Tu ne supportes plus rien, les aliments ne passent pas. Tu as même arrêté de fumer. 
Je sais que je vais te perdre papa.
Papa ? Tu as un cancer. Tu as toujours été dans le déni. Et malheureusement on n’a rien pu faire pour toi.
Papa, j’ai rencontré l’homme de ma vie… Je dois partir à l’autre bout de la France. Je te laisse… Je t’abandonne…Tu es en phase terminale. 
24 Septembre 2004 – 57 ans. Tu es parti. L’alcool t’a emporté, mais je ne t’en veux pas. Jamais je ne t’en voudrais. Tu étais malade. Tu as toujours été dans le déni. Personne ne pouvait t’aider à t’en sortir, tu étais le seul maître. J’ai des regrets, j’ai été impuissante.
Je t’aime papa

Posté par alcoolhic à 14:58 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 août 2008

L'entourage n'y peut rien...

L'alcool détruit souvent tout sur son passage. Non seulement le malade lui-même mais son entourage trinque également. Mais la dure réalité c'est que seul l'alcoolique peut décider de se faire soigner. Ni la famille, ni le patron, ni la justice ne pourront faire quoi que ce soit.
Si la décision ne vient pas du malade lui-même c'est généralement peine perdu. Il faut arrêter pour soi en premier et non pas pour les autres.

C'est très difficile de dire à une épouse ou une mère en détresse qu'elle ne peut rien pour son mari ou son enfant qui se détruit avec l'alcool. C'est cruel d'entendre un enfant pleurer parce que sa mère boit chaque jour et se transforme en quelqu'un d'autre.
Mais l'entourage n'y peut rien, c'est un pénible constat.

On peut discuter calmement avec le malade, lorsqu'il est à jeun. Sans le brusquer ni le juger surtout. Montrez lui votre amour dans ses moments de lucidité. Et lorsqu'il est sous l'emprise du poison, soyez ferme. Ne succomber pas à tous ses caprices et montrez lui votre tristesse.

Par contre, dès que l'alcoolique décide sincèrement d'arrêter de boire, il est important de l'encourager, et de l'aider dans sa démarche:
- Consulter un alcoologue qui le soulagera et analysera son problème physique lors du sevrage.
- Fréquenter un mouvement d'anciens buveurs tel que les Alcooliques Anonymes pour la dépendance psychologique et apprendre à éviter tous les pièges de la vie courante.

Jamais personne en m'a forcé à boire et jamais personne ne m'aurait forcé à arrêter de boire. Cette décision est personnelle mais autant la prendre avant qu'il n'y ait trop de dégâts...

Posté par alcoolhic à 14:07 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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