La rechute est ce qu'il peut arriver de pire à un alcoolique abstinent.
C'est pour cela que je ne supporte pas d'entendre que "cela fait partie du rétablissement" ou que "cela fait grandir".
Bien sur, il ne faut pas lapider le rechutant mais il ne faut pas non plus banaliser cette rechute.

D'abord qu'est-ce qu'une rechute ?

La personne qui s'alcoolise en sortant d'une cure n'est pas en rechute puisqu'elle a été enfermée et surveillée pendant 5 semaines. Pour moi, elle n'a pas arrêté.

Celui qui reprend de l'alcool après quelques jours, quelques semaines ou même quelque mois alors que chaque journée ou chaque heure qui passait il pensait à l'alcool, il n'avait que ça en tête, il n'est pas en rechute. Il a"tenu" le plus qu'il pouvait et il a rebu car il n'en pouvait plus. Il connaît maintenant sa limite sans alcool.
Vers la fin de mon alcoolisation, je "rechutais" de cette façon toutes les 12 heures car je ne pouvais plus passer plus de 12 heures sans boire.

Pour moi, le rechutant est celui qui a retrouvé une vie normale sans alcool. Quelqu'un qui à réussi à vivre un certain laps de temps sans boire malgré les aléas de la vie, en étant heureux d'être séparé de ce poison et pour une raison, souvent précise, retombe dans l'engrenage.

Les raisons sont aussi multiples que le nombre de rechutant.
Cela peut être une dure épreuve de la vie (deuil, séparation...), une dépression, un ras le bol, l'arrêt d'un traitement, etc...
Mais j'ai souvent constaté que nombreux rechutant son ceux qui ont oublié qu'ils étaient alcoolique. Au bout de quelques années d'abstinence on peut se dire que l'on peut boire "comme tout le monde". Et là, paf, c'est la dégringolade et malgré les nombreuses expériences des autres, on veut essayer par soi-même avec toujours la même conséquence.

Certains ne se relèvent jamais d'une rechute ou sont psychologiquement très affecté, d'autres en meurent.

Franchement, je ne sais pas comment je pourrais réagir. Je dis souvent que je n'aurais pas le courage de repartir de zéro et j'espère sincèrement ne jamais pouvoir répondre à cette interrogation...