Non papa, ne me gronde pas, je sais que tu n’es pas dans ton état normal, mais stp, laisse moi me calmer, la crise va passer.
Papa pourquoi tu t’endors dans le canapé après les repas avec les amis. Papa je ne comprends pas.
Papa, je ne comprends vraiment pas ce que tu as.
Papa, pourquoi tu n’es pas près de moi quand j’ai besoin, pourquoi tu préfères être au bistro ?
Je grandis papa, je me rends compte de ce que tu fais, de ce que tu es.
Je suis impuissante, maman, ton autre fille, et moi, on ne peut rien faire, on est là, on te regarde te détruire, mais on ne peut rien faire.
Tu refuses le dialogue papa. Tu refuses de voir la vérité en face.
Tu nous rends malheureuses toutes les 3.
Mais on sait que toi aussi tu es malheureux.
Papa, on t’as vu, on t’as vu boire à la bouteille. Tu bois tout seul maintenant ?
Que se passe-t-il, on est là, tu ne nous entends pas.
Non papa, ne nous menace pas de te foutre en l’air, ça fait trop mal.
Tu as vu le médecin ? Il t’a dit que tu étais malade.
Vittel Citron… C’est bien ! Mais pas au bistro papa. Tu ne pourras pas résister à la tentation. Tu regardes les autres boire de l’alcool, et toi avec ton Vittel Citron, ils se moquent bien de toi. Tu ne supportes pas qu’on se moque de toi… Tes « amis » se moquent.
Papa, on n’a plus d’argent. Mais tu rebois. Mais tu sais que tu es malade.
Tu as du valium. Tu ne le prends pas. C’est dangereux ce médicament, et comme je suis mal, c’est moi qui vais le prendre. 
Août 2003, hémorragie interne. Papa ? Tu m’entends…
Les médecins disent que c’est la dernière fois que je te vois. 
Non papa, je ne veux pas.
Te voilà sorti d’affaire mais surtout ne rebois pas.
Malheureusement c’est trop tard. Tu es bien trop malade. Tu souffres. Je le vois.
Tu ne supportes plus rien, les aliments ne passent pas. Tu as même arrêté de fumer. 
Je sais que je vais te perdre papa.
Papa ? Tu as un cancer. Tu as toujours été dans le déni. Et malheureusement on n’a rien pu faire pour toi.
Papa, j’ai rencontré l’homme de ma vie… Je dois partir à l’autre bout de la France. Je te laisse… Je t’abandonne…Tu es en phase terminale. 
24 Septembre 2004 – 57 ans. Tu es parti. L’alcool t’a emporté, mais je ne t’en veux pas. Jamais je ne t’en voudrais. Tu étais malade. Tu as toujours été dans le déni. Personne ne pouvait t’aider à t’en sortir, tu étais le seul maître. J’ai des regrets, j’ai été impuissante.
Je t’aime papa